Comme je le disais précédemment, les étudiants sont sur le pied de guerre. Et de manière assez naturelle leur lieu d’étude est devenu le quartier général du mouvement. Point de rassemblement, d’organisation, de décision et d’information, le campus des Berges du Rhône (Lyon II) est occupé quotidiennement.
     Le système d’enseignement tourne au ralenti : la majorité des cours n’ont plus lieu et certains sortent de la faculté pour proposer aux passants lyonnais une expérience universitaire hors les murs.

     Les accès aux bâtiments sont pour la plupart condamnés avec les moyens du bord. Il en résulte des visions aussi sympathiques que symboliques, et à vrai dire, c’en est presque un art à part entier.
                     J’adore les barricades.

     Le campus n’est pas pour autant un lieu mort : de nombreux événements et rencontres s’y tiennent afin de proposer des réflexions ou des débats comme une alternative intelligente au traditionnel “y-a-pas-cours-je-rentre-chez-moi”. Pour ma part quand je ne suis pas un oeil dans une AG ou une oreille dans une conférence, je mets à profit au maximum le temps libéré qui s’offre à moi.

     D’un côté j’avance mes tâches photographiques en souffrance : trier, référencer, archiver les photos accumulées et diffuser pour avoir des retours. Et d’un autre côté je fais tout pour remplir mon emploi du temps de travaux et de projets. Je relance certaines séries mises de côté, j’envoie des mails et je téléphone de-ci de-là pour soumettre des idées et proposer des reportages.

     En moyenne ces jours je suis presque à un shooting quotidien, avec des jours sans (ouf) et des jours avec deux sessions (damned!). Pleins de choses différentes, des gens, des voyages.
                   Mon agenda a bonne mine, il déborde.

Je suis rentré il y a tout juste un petit moment d’un concert au Café du Bout du Monde.
     J’y avais rendez-vous pour photographier le concert de Corentin Ratonnat, dit “Coko“, jeune artiste lyonnais originaire du sud. Voilà un peu plus d’un an que je l’ai rencontré et depuis j’assiste à la plupart de ses dates.
     En plus d’être un garçon pétillant qui vous rendra le sourire facile, c’est aussi bon ami à moi ; si j’ai un peu de temps je vous le présenterai un peu mieux et en images. En attendant vous pouvez tendre l’oreille sur sa musique ou promener vos yeux sur ces clichés du soir.

Coko - le Tango des organes
Coko
(cliquer pour agrandir)

     Voilà déjà plusieurs mois que la France s’agite au rythme de la mobilisation ; mobilisation étudiante et professorale d’une part, à l’encontre de la réforme de la Recherche et de la loi d’Autonomie ; mobilisation professionnelle et générale d’autre part, à travers laquelle nombre de personnes souhaitent élever une voix contre la politique globale du gouvernement.

     Photographier un mouvement social est une étape qui relève du “must have” pour le reporter qui aime l’action ; beaucoup de jeunes photojournalistes entament leur apprentissage autour des mobilisations du moment. La plupart s’en font simplement les témoins tandis que certains y prennent part activement (position parfois délicate à gérer).

     A priori ce n’est pas toujours très intéressant à shooter, mais cela s’avère très formateur : toutes les manifestations, les Assemblées Générales, et la majorité des actions sont réitérées sans cesse offrant sensiblement à chaque fois le même spectacle à l’oeil du photographe. A partir de là, si on n’essaie pas d’agrandir son champ de vision et d’anticiper les images, on finit vite par ramener toujours les mêmes photos. C’est parfois frustrant mais c’est une bonne leçon.
      Je suis content si en rentrant de manifestation, en plus des clichés “traditionnels”, j’ai réussi à avoir une petite poignée d’images nouvelles : d’autres cadrages, d’autres instants, des choses insolites.

     Du côté des militants, le problème est un peu le même : il faut savoir renouveler la mobilisation et l’intérêt de la population et des médias. C’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé cette semaine à Lyon où les comités d’action avaient concocté des happenings plutôt sympas…

    Comme par exemple mardi, avec une farandole sur les quais du Rhône pour protester symboliquement contre les réformes. La chaîne humaine fera au final près de 2,5 kilomètres.

     Ou encore hier, un grand rassemblement place Bellecour sous forme “d’universithon”, où tout les passants lyonnais ont pu assister à des concerts, projections, expos photo, cours en plein air, jeux de société autour des réformes et des personnages du gouvernement. A noter la présence du chamboule-tout version lancé de chaussures.

Aujourd’hui jeudi 19 est journée de mobilisation unitaire. Il fait beau et doux, potentiellement il devrait y avoir plus de monde que lors du jeudi Noir du 29 janvier dernier…
Ca va commencer à faire beaucoup.

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Au point de départ de la manifestation, jeudi 29 janvier. (cliquer pour agrandir)
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